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Un co-fondateur de Facebook sonne l’alerte

Dans un argumentaire fourni, Chris Hughes fait appel à son expérience, aux lois anti-concurrentielles qui ont modelé le système économique américain et aux principes fondateurs de la démocratie pour démontrer la nécessité de réguler le géant Facebook. Il rejoint un ensemble croissant de voix qui appellent au démantèlement de la compagnie.

Des contre-pouvoirs nécessaires

Il propose également la création d’une nouvelle agence indépendante et plus adaptée aux nouvelles technologies en charge du contrôle des compagnies telles que Facebook, Google et Amazon.

Chris Hughes considère que le rachat par Facebook d’Instagram et Whatsapp, en 2012 et 2014 était une erreur car il a constitué de fait un monopole. Hughes calcule que le groupe Facebook totalise avec ses presque 3 milliards d’utilisateurs l’équivalent en valeur des PIB combinés des 65 pays les plus pauvres du monde.

Selon lui, face à un tel pouvoir doivent exister des contre-pouvoirs et le comité exécutif de Facebook ne remplirait pas suffisamment ce rôle, le PDG Mark Zuckerberg en détenant personnellement 60% des parts.

Hughes estime que cette situation est rendue possible par le rachat systématique ou la copie d’acteurs émergents, il évoque notamment l’adaptation à Instagram des Stories de Snapchat.

Une succession de scandales

Il développe aussi les risques que représente Facebook pour la société dans sa globalité notamment en termes de sécurité et de liberté d’expression du fait de sa capacité, grâce à des algorithmes opaques, d’élever au rang de norme les jugements de valeur de ses dirigeants, employés et prestataires.

En accord avec les critiques qui émergent depuis le scandale de Cambridge Analytica, Hughes estime que la position de Facebook contribuerait aux déploiement de discours violents et à la désinformation. Il pointe aussi les multiples la violation de la vie privée, les brèches de sécurité, la collecte démesurée de données personnelles ou encore les risques pour la santé mentale des utilisateurs.

Il évoque également sa connaissance de la personnalité de Mark Zuckerberg, qu’il a vu démontrer un trop grand appétit pour la domination pure et simple. Cette raison aurait déterminé sa décision de refus de vendre Facebook à Yahoo qui lui avait proposé un milliard de dollars en 2006. La priorité mise sur la croissance dépasserait selon lui les autres exigences.

Chris Hughes a quitté Facebook en 2007, où il avait officié depuis sa fondation en tant que l’un des plus proches collaborateurs du PDG. Il serait parti pour des « différences de vision ». Les deux hommes sont demeurés amis durant les années qui ont suivies.

Facebook puni pour son succès ?

Le porte parole de Facebook Nick Clegg a répondu dans une déclaration que le groupe Facebook prenait la mesure de la responsabilité qu’il détenait mais que celle-ci ne devait pas pour autant mener à son démantèlement, évoquant implicitement que cela reviendrait à punir une compagnie pour son succès. Il a rappelé que Mark Zuckerberg était engagé à la place dans la mise en oeuvre d’une régulation généralisée d’Internet. Celui-ci est en déplacement toute la semaine dans ce but auprès des chefs d’États, il rencontre Emmanuel Macron aujourd’hui à Paris.